Ricimello Alex Solliès-Toucas Blog Cont
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Posté le 26.02.2007 à 13:50

Bible et big-bang nouvelle version

Il y avait des ténèbres à la surface de la terre…

Et la lumière fut…

Dieu appela la lumière jour…il y eut un soir, il y eut un matin…

Qu’il y ait une étendue entre les eaux…

Que les eaux qui sont en dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec apparaisse…

La terre produisit de la verdure…

Qu’il y ait des luminaires dans l‘étendue du ciel pour séparer le jour de la nuit…le plus grand pour présider au jour, et le plus petit pour présider la nuit ; il fit aussi les étoiles…

Même si l’on ne croit pas, que l’on doute, ce ne peut pas être par hasard que les choses se présentent dans le bon ordre.

Il suffit de faire abstraction de la présence de Dieu pour se retrouver. Bien sûr le vieux débat entre l’évolutionnisme et le créationnisme, et celui entre les croyants et les athées aussi restera en toile de fond.

Bien sur dans l’extrait présenté j’ai élagué les redondances, notamment à dieu. Si vous préférez relisez le texte intégral en pensant science chaque fois le mot dieu apparaît.

Moi, quand je lis c’est pour savoir ce qu’il y a d’intéressant dans un texte, et pas pour savoir ce qui est inutile, que les critiques invétérés s’abstienne de s’insurger et de répondre avant de relire la genèse sans réfléchir, je les classe avec les snobs et les pédants.

Dans les très grandes lignes je ne vois rien d’important qui contredise le big-bang :

D’abord un monde informe et vide et des ténèbres, puis la lumière, le soir et le matin, le jour et la nuit, quelle différence ?

Les eaux du ciel et celles de la terre qui se distinguent, quoi de plus normal ? L’origine de l’eau n’est pas encore clairement établie entre la chute des comètes ou la séparation spontanée du substrat rocheux.

Les eaux qui se rassemblent en un seul lieu et le sec qui paraît, n’est ce pas l’émergence de la Pangée qui se pointe ?

La verdure, terme équivalent à végétation, aussi bien les algues que le gazon ou les fruitiers, voir la page Darwin.

Pour un texte d’une telle ancienneté, c’est tout de même un modèle de précision.

Qui précède largement l’astronomie et la géologie actuelle, à méditer.

Le seul débat qui demeure est la définition de Dieu, il existe d’autres sites à consulter.

A consulter « La genèse et l’évolutionnisme », sur le même blog.

Alex



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Posté le 24.02.2007 à 12:59
Recherche lieu de naissance Ricimello Marius
Patron pécheur à Martigues (13) France
Quartier des Jonqiuères entre 1850 et 1900.

Epoux Pizzaro.
Probablement en provenance de Gènes, Genova, Italia.
Possible Corse, Corsica, Italia.
Triangle de Gènes très actif à cette période.
Corse peut-être italienne lors de sa naissance.
Région Bonifacio non confirmée.
Peut être né Nello, Théodorico ou Ricci
 
Dove e nato il mio nono?
Prego se sapete chiame me.
Ricimello Marius. Pero nato Nello, Théodorico o Ricci.
Pescatore 1850-1900.

Pour en savoir plus consultez:



http://www.cdip.com

Merci Beaucoup de visiter !


RICIMELLO Marius
PIZZORNO Fine Marie, Dite Victorine
Léon Robert ° 1891 + 1929
CHABAUD  Augustine Claire ° 1896 + 1948
RICIMELLO Etienne Alexis ° 1920
RICIMELLO Marius
RICIMELLO Eugène
MERENCO Denise Emilie ° 1927

Mariag es

annee: 1878 / nom-epoux: RICIMELLO / nom-epouse: RICHIER /
annee: 1881 / nom-epoux: RICIMELLO / nom-epouse: PIZZORNO /
annee: 1883 / nom-epoux: OLIVE / nom-epouse: RICIMELLO /


http://www.guide-genealogie.com

Baptèmes

annee: 1881 / nom_individu: RICIMELLO /
annee: 1883 / nom_individu: RICIMELLO /
annee: 1878 / nom_individu: RICIMELLO /
annee: 1891 / nom_individu: RICIMELLO /
annee: 1881 / nom_individu: RICIMELLO /
annee: 1883 / nom_individu: RICIMELLO /
annee: 1881 / nom_individu: DEDON /
annee: 1884 / nom_individu: OLIVE /
annee: 1885 / nom_individu: RICIMELLO /
annee: 1886 / nom_individu: RICIMELLO /
annee: 1886 / nom_individu: RICIMELLO /


Complement
Généaogie:
La Carte de Cassini


Communes de France


L'Atlas de France


Généalogie


Logiciel de bibliothèque




5 RICIMELLO sont nés en France entre 1891 et 1915
13
4
83
1
 

Bientôt la suite...




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Posté le 24.02.2007 à 11:05

: Méditations Transcendantales.


 

 :Préambule.

 

Sans doute vaut-il mieux l’annoncer immédiatement, je ne suis ni scientifique, ni religieux, ni convaincu par la parapsychologie, mais intéressé par tous ces domaines parmi tant d’autres.

Surtout j’en ai assez et je ne comprends pas que la petite guéguerre, larvé ou ouverte, qui fait rage dans ces domaines, à leurs points d’achoppement, empêche le débat qui existe à la périphérie de progresser, et cela depuis trop longtemps.

Ne pouvant me situer nulle part, et pourtant un peu partout j’éviterais d’éreinter les uns ou les autres. Je n’hésiterais pas les féliciter non plus, en contrepartie.

Certains de mes raisonnements paraîtront fallacieux forcement, surtout si on les isole, un à un, pour en prendre le contre-pied. Pris tous ensembles, j’espère que la plupart des lecteurs intéressés pourront en retirer l’essence de ce que je voudrais présenter comme un tronc commun, une base de négociation.

Que se soit dans la littérature ou la presse, à la radio ou à la télévision, c’est toujours la division qui prime, dont l’effet principal est d’empêcher les participants d’aboutir.

Je n’en demande pas tant, seulement de progresser un peu.

Prétentieusement, je me voudrais l’ambassadeur de la réconciliation.

Malheureusement, je le ferais aussi, souvent, en heurtant les convictions des uns et des autres.

Heureusement, il existe aussi, quelquefois, des terrains plus diplomatiques, des espaces neutres.

Des exemples vrais, connus et reconnus, des expériences personnelles, crédibles pour certains, impensables pour d’autres comme elles l’étaient pour moi-même avant que de se produire, émailleront le texte d’autant d’anecdotes. Ce n’est pas gratuit, c’est volontairement pour pouvoir discuter, dialoguer, philosopher, à partir d’un exemple pratique, afin de mieux situer le débat sur un cas pratique, plutôt que d’avoir à assommer le lecteur avec des mots compliqués, qui peuvent avoir des sens trop larges ou trop exigus, dont je ne connais pas toujours le sens exact, ou encore qui peuvent être interprétés de diverses manières selon la culture de chacun.

Je ne crois pas écrire une thèse. J’espère pouvoir ouvrir un certain nombre de voies de recherche.  Je ne demande à personne de me croire inconditionnellement. Je suis persuadé qu’un certain nombre des arguments que je présente et qui (pour autant que je le sache) sont inédits, seront pour certains lecteurs un soutien, et pour d’autres une base, un élément de réflexion à partir duquel ils pourront se construire une opinion et progresser.

Je ne suis ni prophète, ni illuminé, et vous comprendrez bien que ma très relative « médiumnité », et ce mot ne me convient pas parfaitement, ne me monte pas à la tête, elle n’est qu’occasionnelle, c’est bien assez.

 

Questions.

Très jeune j’ai du me poser la question de ce que peut apporter, outre son intérêt propre inhérent à la connaissance, de ce que peut apporter l’étude de tout ce que la société moderne regroupe sous l’appellation de parapsychologie.

Ce n’était certainement pas dans les termes et le raisonnement que j’emploie aujourd’hui mais bien souvent par simple curiosité, par l’envie, les simples sentiments éprouvés vis-à-vis de quelques expériences étranges, le plus souvent racontées et quelquefois, ou plutôt exceptionnellement vécues.

La plupart du temps il s’est bien passé dix ou vingt ans entre le moment où je me suis posé une question et le moment où j’ai eu assez de formation théorique par la littérature qui vulgarise ces matières, par des discussions privées, par d’autres expériences parallèles, tout cela pour pouvoir me forger une opinion à peu prés défendable.

Du fait qu’il n’existe pas d’école et portant ce n’est pas faute d’étudiants en la matière, en particulier dans mon horizon, mon parcours est entièrement autodidacte.

Plus tard, au sujet de certain fait je l’expliciterai, mais par exemple quand je dis je fais du Yoga, aussi bien Prana Yoga,  celui du corps, que Menta Yoga, celui de l’esprit, de la méditation, je ne prétends pas être un spécialiste, j’ai appris seul par les livres et l’effort personnel, même pas dans un club et sans aucun guru pour me convaincre d’une déontologie plutôt que d’une autre.

Il y a au Tibet neuf sous-discipline du yoga, je n’en connais que cinq: Hatha yoga, maîtrise du corps.

Kundalini yoga, pouvoir psychique et clairvoyance.

Laya yoga, domination de l’esprit et clairvoyance.

Raya yoga, concept transcendantaux et sagesse.

Samadhi yoga, illumination suprême, sens et réalité de l’au-delà.

Quand je fais appel à la méditation, c’est seulement pour prendre le temps de clarifier les idées que j’ai sur un sujet vis-à-vis de mes propres expériences. La position du lotus, que je n’emploie presque jamais, n’est à mon avis qu’un support culturel pratique pour ceux qui ont Déjà l’habitude de s’asseoir ainsi, pour nous occidentaux c’est plutôt un frein, inutile ou douloureux, il y a peu d’esprit dans la souplesse des jambes, à moins d’y avoir été habitué dès la naissance, ce qui n’est pas mon cas. La position allongée ou même avachie de travers sur un divan ou une bergère va tout aussi bien, le seul impératif étant de pouvoir faire abstraction de son corps. Nul n’est besoin de faire semblant de ressembler au Bouddha, pas plus qu’il n’est besoin de se faire crucifier pour croire en Dieu. Dieu existe et il doit bien se marrer à nous voir faire toutes ces pitreries pour lui ressembler.

Tout mon scepticisme vis-à-vis de nombreuses doctrines que j’estime tordues n’empêche pas qu’il existe dans les domaines de l’esprit des choses extraordinaires, fabuleuses d’enseignement.

Toute chose mérite explication, aussi bizarre, aussi peu scientifique soit-elle, quand bien même elle ne se produirait qu’une seule fois, par une volonté incompréhensible, inconnue.

C’est là le plus gros problème que j’ai rencontré, et là où j’hésite encore le plus souvent. Le fait existe, un premier larron dit non, c’est impossible, un autre veut que ce soit de la transmission de pensée, un troisième voudra en faire de la clairvoyance, un quatrième attribuera la chose à un sorcier bon ou mauvais, un cinquième mettra cela sur le compte des extraterrestres, un sixième sera certain qu’il ne s’agit que de folie et d’hallucination.

Cela ressemble bien à un proverbe chinois qui dit à peu prés « Pour un fait, une chose, il existe sept vérités et derrière chacune d’elles sept façons encore de la décrire ».

Par exemple, si un crayon est un outil qui sert à écrire, il peut ressembler aussi bien à une simple mine de graphite, ou de toutes autres matières, et pas forcement gainé de bois comme on les trouve généralement. J’écris et intellectuellement une machine à écrire ou un ordinateur est un crayon. Le progrès est d’ailleurs en passe de réaliser un outil graphique comparable que l’on placera à coté de la souris pour remplacer le clavier, la reconnaissance graphique aidant la transmission de données par infrarouge. Un crayon électronique est un miracle de la technologie.

C’est dire toute la difficulté à définir les mots, et de quelle façon entre une chose et son résultat le chemin de la description peut être tortueux. Et je n’ai cité que l’exemple d’un crayon. Il y a vraiment de quoi remplir des bibliothèques entières sans avancer beaucoup dés que l’on parle de l’Univers ou de l’Esprit.

Heureusement le plus gros de la foule, disons le septième pour revenir à mon raisonnement, n’a pas d’opinion sur le sujet et ce type de discussion ne m’occupe pas à plein temps. Seulement une semaine une année et rarement un mois entier, les années exceptionnelles.

Ce trimestre sera une exception puisque j’écris sur le sujet, tant pour mettre mes idées au clair que pour pouvoir partager avec quelques amis et avec toute personne que cela puisse aider.

Je ne décris rien d’extraordinaire, je n’ai pas vu d’OVNI, je ne fais pas tourner les tables rondes, je ne tords pas des tiges d’acier par le pouvoir de ma pensée.

Le domaine qui m’intéresse est celui de l’esprit et je crois, fermement et par expérience, à la télépathie, à la radiesthésie, à l’astrologie, aux guérisseurs, aux vrais kinésithérapeutes que l’on appelle quelquefois rebouteux, aux miracles, guérissons miraculeuses s’il faut les appeler ainsi, l’existence des fantômes ne me choque pas fondamentalement, je préfère parler d’âmes parce que je n’en ai jamais vu. J’en ai entendu, j’en ai senti, j’ai parlé avec, je suis désolé je n’ai pas trouvé de cage adéquate pour en ramener une.  Je crois aussi que dieu existe, dieu qui a suscité tant de religion et tant de sectes. S’il est unique il est insaisissable mais éminemment intéressant,  comment peut-on écrire autant de choses aussi contradictoire sur un sujet, aussi vaste soit-il: Dieu.

Enfin d’une manière générale, simplifié, et j’espère ne fâcher personne en disant que la moitié du globe croit à l’ancien testament et l’autre moitié du globe croit aux écritures de Bouddha. L’Animisme lui-même que l’on qualifie de tribal a très certainement des fondements qui ne sont pas dénués de sens, si on les examine sans a priori, impartialement.

C’est pile ou face, il y a sans doute un dieu (ou des dieux accompagnés d’anges et de génies), pour chaque homme, à son image, et autant pour chaque femme. Quand dieu a crée Adam et Eve, tout allait très bien, mais maintenant que contre toute attente et contre toute raison nous nous sommes multiplié par milliards et que nous savons que les étoiles sont encore des milliards de fois plus nombreuses que nous, serons-nous assez sage pour nous diviser, nous démultiplier, ou assez puissants pour coloniser d’autres planètes? Quel enjeu, il méritera un chapitre. Et je rêve moins que la Science, elle a bon dos.

 

Origines

Ma grand-mère maternelle était quelque peu guérisseuse en plus d’être veuve de guerre et bugadière, elle guérissait les coups de soleil ou plus exactement les insolations, en récitant des prières à la Vierge Marie, dans un cérémonial où il fallait faire bouillir de l’eau avec trois grains de sel, la renverser dans un plat ou une assiette, puis si la toupine (un pot en terre ou en grès) faisait remonter l’eau en la plaçant à l’envers dans l’assiette l’opération était vouée au succès. Elle réussissait même à distance avec le seul prénom et la date de naissance de la personne à soigner, même si elle ne la connaissait pas directement. C’est un bon souvenir, un bon départ pour commencer à croire au surnaturel, même si je l’ai perdu dans ma dixième année.

J’ai donc profité personnellement de cette médecine spéciale, qui ne guéri pas la peau mais les maux de tête, les vertiges et les nausées qui accompagnent une insolation et plus jamais je n’ai eu à souffrir de ces symptômes. Pourtant des coups de soleil, coté peau j’en ai pris bien d’autres, rouges et cuisants.

D’autres personnes dans la famille ont réussi cette opération qui ne semble n’avoir rien de compliqué ni d’exceptionnel, si ce n’est de contrarier la médecine conventionnelle.

Ma grand-mère soignait aussi d’autres maladies, liés au stress ou à l’anxiété, mais dont elle disait elle-même que la confiance que lui accordait les gens pour une chose suffisait  à les guérir par leur propre volonté. On venait donc la voir pour lui exposer le problème et le seul fait d’en parler ouvertement suffisait à le résoudre, pour chacun toutefois, tout en parlant ou en faisant ses affaires, elle avait un petit cérémonial de circonstance, presque immanquablement couronné de succès. La consultation était totalement gratuite et si la première n’était pas totalement efficace, cas assez rare, il suffisait de revenir quelques jours plus tard pour un petit complément, une contre visite si l’on peut dire.

Les charlatans en la matière ne manquent pas et la gratuité me semble le moyen le plus probant de les distinguer des guérisseurs honnêtes.

La grand-mère avait bien d’autre chose à faire que de la publicité pour remplir son escarcelle et elle n’utilisait son « pouvoir » qu’à l’occasion, une ou deux fois par semaine, je n’ai jamais vu de bousculade ou de file d’attente chez elle.

 

L’enfance et les rêves.

 

J’ai fait enfant, vers douze ans, plusieurs fois les mêmes rêves, exactement ou presque exactement les mêmes.

Dans le plus fréquent je volais au-dessus d’une plaine, d’un paysage d’abord de petites collines vallonnées. Les premières fois ces rêves étaient très courts, presque inquiétants ils me réveillaient comme un cauchemar peut le faire sans que cela ait la même intensité. Plus tard j’eus plutôt la sensation d’une durée, d’un plaisir à avoir une telle capacité, celle de voler, ne serais-ce qu'en rêve. Un voyage agréable en somme, en fait. Les dernières fois ces voyages duraient donc beaucoup plus longtemps, avec une sensation de bonheur, de légèreté, de plénitude, que je ne peux définir mieux de proche de l’extase, comme une libération.

Pour illustrer des situations comparatives de cette évolution, c’est un peu comme les premiers voyages en voiture ou en avion qui peuvent laisser des sensations, des souvenirs très forts, puis qui ne sont plus pour le commun des habitués qu’un moyen de transport auquel on fait peu attention. Un moment à passer pendant lequel on écoute la radio ou feuillette des magazines touristiques en pensant seulement à sa destination. L’effort de conduite se transforme en réflexes absolument automatiques pour le pilote qui n’en retiendra aucun souvenir, sauf incident de parcours exceptionnel.

 

Dans un autre rêve, je me balançais dans le vide, un peu comme dans un hamac, mais au-dessus d’un puits, cela durait un certain temps, puis j’étais pris comme d’un vertige, comme si je tombais, mais sans jamais atteindre le fond ni m’écraser nulle part, sans la moindre crainte.

J’ai su bien plus tard, vers vingt ans, que ce sont des signes du voyage astral tel que l’expliquent les lamas tibétains, Lobsong Rampa en particulier.

Sauf le plaisir de l’esprit, ces voyages-là ne m’ont jamais semble-t-il apporté directement de connaissances ni de souvenirs majeurs, hormis l’impression du voyage lui-même.

Il m’a fallu attendre la quarantaine pour voir le paysage, un paysage absolument comparable à celui de mes rêves, à tel point que je suis persuadé d’avoir vu celui-là et nul autre.

Dans un autre rêve encore je voyais un scorpion énorme sortir de sous les pierres, dans un paysage de sable, absolument désolé, sans végétation.

Des scorpions j’en ai vu, j’ai joué avec dés mon adolescence et sans la moindre peur, seulement la prudence de mise avec un insecte qui peut piquer méchamment ce qui ne m’est jamais arrivé. Mais ce rêve là était un  cauchemar qui me réveillait à tous les coups en sueur. Je sais maintenant qu’il existe sous les tropiques des scorpions aussi gros que celui de mon imagination, mais je n’ai pas d’explication significative pour autant.

 

Dans un autre rêve encore, le dernier à répétition dont je me souvienne, j’étais dans le noir, immobile dans le silence, puis un bruit d’eau naissait lentement pour prendre lentement de l’ampleur, jusqu’à ce que ce bruit emplisse totalement la pièce, sans que j’en sois mouillé, ni gêné.

Prémonitoire sans doute celui-là puisque j’ai vécu cette situation plusieurs fois parce que j’ai longtemps pratiqué la spéléologie plus tard, mais aussi une fois où j’étais en train de nettoyer une citerne d’eau alimentée par la toiture au moment où il s’est mis à pleuvoir et j’ai ressenti exactement la même sensation.

Et j’ai eu d’autres rêves prémonitoires plus tard, par exemple celui de regarder la télévision en couleur, avant qu’elle existe, avant que celle en noir et blanc soit assez répandue pour que nous l’ayons à la maison.

Il est assez rare que je me souvienne des rêves que je fais, et croyez-moi je suis parfaitement capable de distinguer un rêve « intelligent » d’un rêve « extravagant », comme de distinguer une « hallucination », j’en ai eu, dues à la fatigue.

Je suis aussi capable quelquefois de rêver en état de conscience, sans dormir, c’est à dire de faire naître des images animées dans mon cerveau, tout en analysant s’il s’agit de souvenir ou d’imagination. Quelquefois ces images sont issues des taches rétiniennes et d’autres fois elles naissent au-delà, directement dans mon esprit.

Si ces images surgissent spontanément et que j’en suis vraiment surpris, comme souvent cela m’arrive à l’improviste, le seul fait de me poser la question, pour savoir si je rêve, si j’hallucine ou si j’évoque un souvenir suffit pour les faire disparaître, c’est dire leur fragilité.

Si je pense, je réfléchis, je médite sur un sujet, je recherche un souvenir ces flashs m’apportent souvent la réponse attendue, ou un élément de réflexion important, sans pour autant que ce soit certain.

L’explication peut être multiple, et je n’imagine que trois possibilités:

-  La solution vient de l’esprit, le mien ou celui de l’au-delà par le voyage, disons comme Léonard de Vinci à pu concevoir les plans d’un avion longtemps avant tout autre individu. Il s’agirait alors de prémonition, de clairvoyance.

- La solution m’est apportée par télépathie, quelqu’un d’autre pense au même problème en même temps.

- Mon cerveau fonctionne tout simplement comme un programme d’intelligence artificielle, une boucle se crée autour d’un concept, puis au fur et à mesure il recherche dans les souvenirs, les expériences vécues ou lues, les théories, toutes les informations disponibles, à la fin les neurones me bipent une ou plusieurs solutions. C’est éventuellement le moment d’en choisir une, voire une ligne de comportement.

Il est extrêmement intéressant de procéder ainsi au lieu de se prendre la tête sur un dossier pendant des heures entières. Poser la question et attendre la réponse absolument décontracté.

C’est réalisable pendant une fausse sieste, dans la méthode de l’auto training, en se reposant le corps tout en laissant vagabonder ses idées, son esprit.

C’est réalisable en se posant une question le soir, et en attendant la réponse  pour le lendemain au réveil, ce qui arrive très souvent, que ce soit dans la recherche d’un souvenir, d’une information ou d’un concept. La logique m’incite à croire que la solution vient du rêve, du voyage. 

  

Bing Bang et Antimatière

 

Les scientifiques aussi rêvent, il faut les arrêter, parce que pour vérifier leurs théories, dans lesquelles subsistent un certain nombre de lacunes, ils sont bien capables de se prendre pour dieu, dans la plus pure inconscience.

Ils sont bien capables de reproduire le bing-bang pour vérifier la théorie.

Ils sont bien capables de nous inventer une antimatière qui évidement détruira la matière.

Ils sont bien capables, après la poudre noire, la dynamite, la bombe A, celle au cobalt et celle à hydrogène, de nous inventer une super molécule. J’entends par la que jusqu’à maintenant ils contrôlent vaguement la fission et s’amusent à casser des électrons ou des quarks et qu’ils n’imaginent rien d’autre, mais si un jour dans leurs supers accélérateurs de particules ils arrivent à en créer une un peu trop lourde, celle qui permettra de faire le poids de matière qui leur manque dans le calcul de l’univers, il y a une chance sur deux pour que celle-là nous fasse sauter tous, dans les plus brefs délais.

Toutes les erreurs qu’ils ont commises ne leurs ont pas encore ouvert les yeux. Ils considèrent encore Einstein comme un dieu.

Au nom du principe de précaution, comme en matière d’écologie, comme on laisse dormir des vestiges archéologiques en attendant le progrès, pour les générations futures il faut les mettre un peu en veilleuse, leur couper les budgets pour quelque temps, le temps d’analyser au lieu de faire la course à la bêtise.

La bible commence par une description du bing-- bang, tout était lumière avant la création.

La bible continue dans la genèse par une description de la création absolument comparable dans les détails a la théorie de l’évolution.

L’herbe, les arbres fruitiers, chacun selon leur espèce, que les eaux pullulent âmes vivantes, et toutes les créatures volantes, animal domestique et bêtes sauvages, enfin l’homme qui domestique toutes créatures sur la terre et dans les mers.

Voyons dans le détail, pour éviter toute manipulation fortuite ou volontaire du texte je cite en italique version intégrale de la bible par Louis Second paru en 1952.

 

Au commencement, Dieu créa les Cieux et la Terre.

Le sujet traité est bien la formation de la terre dans son univers et c’est le seul emploi du mot « créer ».

Si vous êtes athée, laïc ou incroyant faîtes abstraction du mot dieu, mon but n’est pas de vous convertir et mon raisonnement n’en sera que plus clair. 

La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.

La terre n’était pas encore formée telle que nous la connaissons, le mot vide ne dit pas de quoi, s’agit-il de vide sidéral? Sinon cela n’a pas de sens, d’autres bibles le remplace par « déserte », plus conforme à notre représentation de l’ère primaire. Dieu n’est pas représenté comme matériel mais comme un esprit, une entité. L’eau, les eaux existent déjà.

Dieu dit « Que la lumière soit » et la lumière fut!

Désormais et dans la plupart des versets Dieu ne crée pas, fait quelquefois, il dit le plus souvent comment les choses se font ou comment elles doivent se faire. Dans une livre où les répétitions sont souvent systématiques, ce choix des mots ne peut pas être anodin. De la météo à l’expression « faire la pluie et le beau temps » chacun peut imaginer les choses à sa manière. Quel est le degré de responsabilité de celui qui dit « il va pleuvoir » si quelqu’un se noie ?

Enfin mon raisonnement serait le même s’il était écrit sur n’importe quel autre document authentifié vieux de plus de 6000 ans «  La Nature créa les cieux et la terre, la Science dit que la lumière est et que le jour se lève, le Hasard a fait que la vie apparaisse et se développe dans tel ordre sur la terre.

Dieu vit que la lumière était bonne et Dieu sépara la lumière et les ténèbres.

Dieu qui vient d’inventer la lumière sur la terre, ou pour la terre, s’aperçoit qu’elle est bonne, ne le savait-il pas avant? Et il la sépare des ténèbres, n’est-il pas impossible de faire autrement. Si on le lit au sens strict cela n’a guère de sens. Cela n’a pas de sens que l’homme s’exprime ainsi à moins de faire allusion à une période de la formation de la terre que l’homme n’est pas sensé avoir vécu.

Dieu appela la lumière jour et il appela les ténèbres nuit.

C’est une suite logique, il y a la lumière et les ténèbres, des notions générales, universelles, physiques au sens théorique, et une nuance, le jour et la nuit, là ce sont des notions terrestres, temporelles, physiques au sens pratique du terme.

 Ainsi deux phrases qui ont l’air presque idiotes si l’on ne cherche qu’a croire ou à ne pas croire, à prouver que Dieu existe ou n’existe pas, prennent un sens, comme l’arbre qui cache la forêt. Encore une fois les choses sont placés dans le bon ordre, dans une logique profondément, implacablement réfléchie.

Ainsi il y eut un soir et il y eut un matin : Ce fut le premier jour.

Quelque part cela me chiffonne de commencer par la nuit, sans la citer, pour expliquer le jour. C’est purement conventionnel. Le soleil, le jour se lève toujours le matin et pourtant nous faisons commencer la journée à minuit. Il n’en a pas toujours été ainsi dans toutes les cultures. 

 

La notion de temps, de chronologie, de calendrier est bien présente et précède l’homme qui écrit et dit déjà qu’il sait compter le temps.

  Dieu dit : Qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux.

En si peut de phrases et c’est déjà la deuxième fois que l’on nous parle des eaux. De la lumière deux fois et de l’eau deux fois. J’en subodore déjà l’importance. Mais quelle étendue et quelles eaux? Tout cela parait bien ésotérique.

Et Dieu fit l’étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l’étendue d’avec les eaux qui sont au-dessus de l’étendue. Et cela fit ainsi.

La notion de verticalité est explicitée, s’agit-il des fleuves et des océans?

Dieu appela l’étendue ciel.

C’est plus précis, il faut aussi distinguer les eaux de pluies des autres, merci pour la précision, tout vient à point à qui sait attendre. Patience et pédagogie.

Ainsi il y eut un soir, il y eut un matin: ce fut le second jour.

Les ténèbres et la lumière précédant ne comptent plus, et le deuxième jour commence le matin.

Pour sortir du débat connu, à savoir si un jour est 24 heures ou une ère de longueur variable je dirai que les jours de Dieu peuvent parfaitement être des jours de 24 heures et qu’ils ne sont pas consécutifs. Rien ne dit qu’il s’agit d’une semaine de 7 jours, le mot semaine n’est pas prononcé. Seuls les scientifiques bornés par leurs allergies à l’existence de dieu voient et lisent les choses ainsi. Les mêmes qui nous disent une seconde pour le big-bang, un jour la vie est apparue, un million d’année pour l’évolution de l’homme, enfin maintenant ils disent deux ou quatre, bientôt six ou huit au fur et à mesure des découvertes de fossiles et du progrès des méthodes de datation. Ce n’est pas avec ces enfantillages que l’on peut prouver que dieu existe ou pas et encore moins que la science est infaillible. Ce ne sont que des arguments politiques au sortir d’un siècle qui à subi la séparation de l’église et de l’état et la concurrence entre école publique laïque et école privé religieuse.

Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi.

Nous voilà à l’émergence du premier continent. Est-il possible qu’il y ait eu à une certaine période tant d’eau qu’il n’y ait pas eu de continent? Conventionnellement non, mais cela reste à prouver. Les recherches sont plus qu’incomplètes en ce qui concerne l’apparition de la Pangée et la dérive des continents qui explique le relief. Par exemple pour que s’ouvre la place nécessaire à l’océan atlantique et à l’océan indien il me parait logique qu’une surface équivalente ait disparu dans le Pacifique. Où, comment? Par érosion ou par subduction, il y avait-il là la mer, des îles, un continent ou pas? Oh! Que j’aimerai savoir ! 

Dieu appela le sec terre, et il appela l’amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon.

L’origine et l’ancienneté de l’eau sur terre n’est pas encore clairement établie, sinon qu’au fil des ans, des théories et des découvertes géologiques les datations reculent de millions en milliards d’années, toujours plus loin. L’hypothèse la plus probable actuellement est la chute de comètes de glace après la formation et le refroidissement magmatique de la terre, tout ce qui tombe du ciel est béni, mais saura-t-on jamais? 

Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l’herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi.

Le mot verdure n’est que le 256° mot de la genèse, quel condensé et comme j’aimerai connaître le texte intégral et le mec qui l’a écrit. Ok c’est assez simpliste, pas besoin d’avoir un bac+4 pour lire, C’est du niveau 6°, voire 3°, au pire un vrai cancre pourrait arriver en terminale sans en savoir plus, bof, ce n’est qu’un détail, le certificat d’étude a moins d’un siècle et nos ancêtres étaient tous ignares.

Dieu ne dit qu’une fois: d’abord apparaît le végétal, puis l’herbe avec des graines, enfin des arbres avec des fruits.

L’homme n’existe pas encore, mais d’un peuple de chasseurs-cueilleurs, au début de pastoralisation ou de l’agriculture nous aurions pu attendre à ce qu’il nous parle de gibier, de fruits et légumes.

Non, d’abord dieu pense à créer de la verdure, algues, mousses, lichens sans précision, puis des graminées qui se distinguent par leur système reproductif, un grand trou dans la création et  en dernier les arbres les plus évolués, si ce n’est pas un condensé de biologie ça y ressemble, il faudrait être de mauvaise foi pour prétendre qu’il s’agit de manger dans l’ordre la salade, des céréales et un fruit au dessert.

La terre produisit de la verdure, de l’herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce.

Dieu dit la Loi, puis la nature fait les choses comme d’habitude. Sinon pourquoi répéter deux fois la même chose?

Dieu vit que cela était bon. Ainsi il y eut un soir, il y eut un matin: ce fut le troisième jour.

L

Si les religions étaient anti scientifiques et la bible une fable on pourrait s’attendre à ce que Dieu crée l’homme, puis le soleil pour l’éclairer et le réchauffer, les fruits, les légumes et les animaux pour le nourrir et le distraire. Et enfin la lune pour faire bouger la mer, distraire les poissons et apporter la rosée du matin.

Et bien non tout a été crée dans le bon ordre, selon le schéma actuel de nos connaissances  en astronomie, en géologie et en biologie.

Nos ancêtres (qui n’étaient que des brutes épaisses) d’où tenaient-ils ces connaissances?

C’est tout de même extraordinaire, comment savaient-ils tout cela il y a six, huit ou dix mille ans? Avant l’écriture le savaient-ils déjà par la tradition orale? Faut-il vraiment admettre que la parole soit tombée du ciel? Et pourquoi pas? Pour le moins la seule attitude scientifique est de se poser la question en

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Posté le 23.02.2007 à 23:17
Si vous êtes fans de J. Haliday
Ce poème vous plaira.


A que la même rue

Je suis né dans la rue, à que la même que Jhonny,

Et à la même époque, mais celle des Pommes de Pin,

A une maison prés, la belle affaire,

 

Dans la même que mon père et que ma grand-mère,

Celle que je n’ai pas connue,

Marchande de Pommes de Terres sur le Cours.

 

Qui va piano, va sano,

Et avec quelques détours,

Le temps de jeter un oeil derrière le Faron,

Et me voilà de nouveau.

 

Dans la rue, une autre,

De l’autre coté du Port,

Mais j’ai quitté Besagne,

Pour Jean Jaurès.

 

A que mon rêve c’est de vivre au Soleil,

Les doigts de pieds en éventail,

Mais dans ces conditions là,

Mais c’est pas facile de bosser.

 

J’irai dimanche,

Voir la Méditerranée,

Sentir les collines,

Ecouter le chant des oiseaux.

 

Et me voilà,

A mes fourneaux,

Que mes casseroles brillent comme un soleil,

Que ma cuisine aie vos faveurs.

 

Ce serai le Bonheur.

            Toulon, le 25 Janvier 1996.

                  Alex Ricimello  



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Posté le 23.02.2007 à 15:40

 VERSION 3  le    15   OCTOBRE


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Les chroniques  d’un siècle perdu



TOME UN : Le Petit Prince des Collines.


 Commencé à Solliès, le 5 septembre 2000

par Alex Ricimello Alias Alex Des Roubins


A mes amis, à mes ennemis,

A mes parents, à mes  voisins, à tous.

Pour ma fille et à l’art de vivre.
 




Alex Des Roubins



Alex marche comme souvent, il aime ça pour son corps, pour son esprit. Il a déjà marché toute la nuit, une nuit à peine fraîche à la fin de l’été. C’est beau la nuit, plein d’étoile, de gazouillis d’oiseaux, de clairs silences et une lune a  voir comme en plein jour.



Alex marche seul, c’est beau la solitude, surtout pour celui qui la veut, qui la mérite et puis c’est la vie. Il n’est pas un passionné, pour lui, pour expliquer, c’est comme la montagne : On part toute une équipe et pour peu que naisse une compétition on grimpe un peu plus fort, un peu plus haut, toujours plus vite, sûr avec l’entraînement et l’expérience tout devient plus facile. Mais voilà celui qui est plus doué ou plus passionné peut être, hé! Bien un jour celui là se retourne et il est seul, et du haut de sa montagne il peut contempler la vallée, la plaine, là où tous les autres semblent si petits.
Il est seul c’est bon pour lui, c’est cela aussi le culte de la personnalité.

C’est le petit jour, assis sur une pierre, sur un banc, il ferait un peu frisquet, Alex marche d’un pas tranquille et sûr, il sait qu’il va dans l’air pur vers une belle journée, vers la bastide des Roubins, vers le soleil et le chant des cigales qui se lèvera plus tard, il va vers les oliviers, les arbouses et les champignons, vers le thym, le romarin et la lavande, et tous ces parfums-là ont raison.


 

Mon dieu que là montagne est belle, comment peut-on s’imaginer en voyant un vol d’hirondelles que l’automne vient d’arriver.

Les mains au-dessus de leurs têtes ils avaient monté des murettes jusqu‘au sommet de la colline. Les vieux ce n'était pas original mais ils savaient tous à propos tuer la caille ou le perdreau et manger la tomme de chèvre.

Les vignes, elles courent dans la forêt, le vin ne sera plus tiré c’était une horrible piquette, mais il faisait des centenaires a ne plus que savoir en faire, s’il ne vous tournait pas la tête.

Les jeunes veulent aller au bal il n’y a rien de plus normal que de vouloir vivre sa vie. Leur vie c’est d'être flics ou fonctionnaires, de quoi attendre sans s’en faire que l’heure de la retraite sonne.

C’est simple le bonheur, Alex vient de voler une chanson, c’est bon comme la maraude, comme de chiper le kaki bien mur dans le jardin du curé en grimpant sur la poubelle que monsieur le maire a fait poser là. Est-ce un miracle ou une simple gourmandise? C’est bon comme de faire un petit crochet dans une vigne ou dans une figuière.  C’est bon comme de tendre la main vers le fruit qui dépasse des barbelés. Ha, les jeux interdits, le blé en herbe, le sel de la vie, c’est plus que bon, c’est super bon, et merde comment vous dire ça, c’est meilleur, c’est le meilleur, Alex est le meilleur!




 
Les BergerS

Alors ils sont venus les bergers, c’est qu’il faut bien vous le dire : La Bastide des Roubins semble bien avoir été créé pour les accueillir. Si ce n’est pas dans la pierre c’est dans ma tête que ça se passe et alors ça devient vrai de vrai.
Il y en à eu bien d’autres avant mais le premier de ma vie s’appelle Pay, que mon père a installé dans le Clos des Roubins quand j’étais tout gamin. Comme ça, il ne m’a jamais dit, je n’ai jamais pensé a demander, pour sûr qu’il aimait les bergers lui aussi, le père.

Je regardais déjà tout, sans trop poser de question d’ailleurs, pas besoin, pas la place. Je savais les pierres à sel, l’abreuvoir, les départs au petit jour, les arrivées la nuit tombée quelquefois, les beaux béliers, les mères, les grands agneaux, le tout petit chien qui dormait à l’abri dans un grand bidon et qui vivait dehors, qui était mon copain, mais qui n’acceptait rien de personne, qui était là jour et nuit pour qu’aucune bête ne s’échappe.


 

Quelquefois, pas en cachette, mais vraiment quand j’étais sûr d’être seul, je prenais un tout petit agneau pour me le charger sur le dos, comme on voit sur les livres d’images. Alors j’étais le roi des animaux, le petit prince des bergers et je partais plus loin faire le tour de la propriété où m’installer à l’ombre d’un olivier plusieurs fois centenaires, mais qui ne le paraissait pas, entouré qu’il était de milliers d’autres oliviers qui lui ressemblait. Plus tard je le ramenais au troupeau, pas trop inquiet de savoir si je reconnaîtrais bien sa maman, si c’est elle ou si c ’est lui qui ferait le premier pas. Ca non plus je ne l’ai jamais demandé, mais je l’ai su plus tard. C’est doux comme un rêve d’enfant un tout petit agneau.

Pendant ce temps, mes parents ramassaient leurs olives, avec quelques amis à eux, c’était ces jours là toute une fête, toute une randonnée, un grand voyage que de venir de Toulon.
Surtout quand nous partions avec de la famille ou avec les voisins, chez nous trois garçons et chez eux trois filles toutes aussi polissonnes que nous.

Partir de la Cressonnière, du Poteau 50, vingt bonnes minutes de marche en passant par le Jardin des Oeillets, prendre le bus au Tombadou, puis à pied du village, y prendre de l’eau fraîche, du pain et des grillades, monter par la Guiranne, le chemin des Costes, la Calade ou la Font du Ton. Bébé j’étais dans le sac à dos, puis sur les épaules de mon père, et puis j’ai porté le casse-croûte, et puis les olives. Souvent en passant par le chemin Barnabé je suivais le père Aiguier, le mari de Quique, et je le surveillais un peu du coin de l’œil, celui la, parce que de temps en temps il faisait deux ou trois pas d’écart sur le chemin, et pour lui les rouges-gorges et les pinsons se pendait dans les branches le long du chemin. Ho, mais je n’ai jamais vu de piège, il ne m’a jamais dit, je n’ai jamais vu ni glu, ni crin de cheval et pourtant? Vers 1968, il a été opéré du cœur, un des premiers du Var a s’en bien sortir puisqu’il a rapidement recommencé a courir les chemins avec ses fagots de bois. Vers là aussi Pay a pris sa retraite et le troupeau est parti en Camargue avec ses fils.

Maintenant Pay a quatre-vingt-deux an, bon pied bon oeil, quand je le rencontre sur la placette du village il me dit, un peu en patois « Maintenant je compte les voitures qui passent, tu comprends petit, depuis que j’ai plus les moutons j’ai plus grand chose a compter alors ça m’occupe un peu ». Il monte de temps à autre, plus aux Esplanes qu’aux Roubins, et il m’a appris il n’y a pas longtemps que dans sa jeunesse il cultivait du blé chez Cassebonbon pour venir le battre sur l’aire devant la Bastide. Souvenir, Souvenirs.

Alors il y a eu Nans le berger, mais à la télévision, l’adaptation du roman de Tylde Monnier que j’ai lu beaucoup plus tard. Et ce n’est pas par hasard que j’en parle, la ferme de la Guiranne est à un kilomètre à vol d’oiseau, à guère plus d’un quart d’heure de marche en descendant vers le Gapeau.


 

Alors forcement Nans il devait bien les connaître les Roubins. D’ailleurs, dans le roman, si l’héroïne met deux heures pour aller de Belgentier au Grand Cap, c’est vraiment qu’elle court la garrigue avec les ailes de l’amour, et puis je n’ai jamais trouvé Bramafan. Moi en deux heures j’arrive tout juste à Vallaury, à deux kilomètres au sud de la maison, et vous?

Ma cousine d’Ollioules aussi a élevé des chèvres, mais moderne, en stabulation et à l’occasion j’aimais bien lui donner un coup de main, mais ce n’est pas comme de s’en occuper tous les jours, on peut pas les comprendre pareil, enfin si quelqu’un arrive vraiment a comprendre un mouton ou une chèvre, j’y crois pas tellement les uns sont stupides et les autres sont têtues, intelligentes soit, mais tordues et contrariantes. Les connaître oui, mais les comprendre ou les aimer, non, non, il ne faut pas demander l’impossible. Tiens par exemple j’en ai eu deux, là, quelques mois, et deux chèvres c’est encore plus chiant a garder qu’un troupeau entier, le même travail et la même galère mais ça ne rapporte pas un sou. Celles-là, Guenolé et Justine, si, je voulais les mettre dans le Clos, des murs en pierre de deux mètres, elles s’avalaient ça d’un coup de rein et hop! D’un petit galop elles arrivaient à la maison ou allaient raser les iris ou les rosiers d’un voisin plus ou moins lointain.

Elles ont mangé des romans policiers, des factures de téléphone, et des petites culottes jusqu’à ce que Justine arrive à s’étrangler avec : On l’a sauvé de justesse, la chèvre, pour la culotte de ma femme c’était trop tard.

Alors je leur ai fait un enclos prés de la maison, solide que je croyais, avec des beaux chevrons et des grandes palettes, le tout cloué, vissé, renforcé de fil de fer. Un beau grand parc pour deux chèvres où elles auraient pu vivre heureuses aux moments où j’avais à tourner le dos. En plus qu’avant, chez le père de Corinne, Jojo qui me les avaient données, elles vivaient déjà comme çà. Mais voilà en trois mois elles avaient vite appris la liberté. Jour et nuit, pendant la moitié d’une lune, elles se sont encorné le parc une charge derrière l’autre, et forcement deux ou trois planches ont fini par céder.
Entre temps un peu avant, un peu après, j’avais planté un peu quelques légumes, quelques fleurs en plus des narcisses et des tulipes anciennes qui poussent toujours autour de la maison après cinquante ans sans le moindre soin.

Et bien tout ça ne semblait pas trop les intéresser jusqu’à ce je dise « Tiens, Florence, je vais te ramasser des fleurs », et zut! Le temps de rentrer chercher le sécateur, les tulipes, les pensées, les anémones et les jacinthes étaient passées au rayon fourrage. Alors j’ai arrêté de parler, juste je pensais en grand secret « Bon, ils ont l’air mûr, demain on se mange les petits pois » ou encore « Ha, les fèves donnent bien, je me suis acheté de la bonne charcuterie, demain c’est dimanche, je goûte les premières avec une bonne bouteille de rouge, un délice ça va être », trop tard, il ne faut jamais reporter au lendemain ce qu’on peut faire le jour même, j’ai dû faire un cauchemar, en tout cas j’ai toujours la dent contre ELLES.


 

Au début, elles restaient quand même prés de la maison quand nous partions, et puis elles ont commencé à courir un peu derrière la voiture, un peu plus, jusqu’au bout de l’allée, jusqu’à la limite de la propriété, jusqu’au premier croisement, j’arrivais bien à les semer en accélérant un peu. Ne t’inquiète pas Alex. Alors engueulade ou coup de baguette rien n’y a fait, elles ont commencé à prendre de l’avance dés les premiers préparatifs, puis à partir avant l’heure, de plus en plus tôt, pour partir au galop de la colline d’en face, vers le village, avec un bon kilomètre d’avance. Ca a fini à coups de bâton à l’entrée du village, nous étions des commerçants, pas des dresseurs de cirque, et j’avais autre chose a faire que de m’occuper des ces deux vaches toute la journée. Là dessus, Pâques arrivent, une on me la vole, enfin quoi elle disparaît mystérieusement et l’autre je la rends aussi sec à Jojo. Ouf! Bon débarras, j’ai frôlé la crise grave.

Le second berger c’était Ricci, je suis allé le chercher à Belgentier, lui ses moutons et ses chèvres, il n'est pas resté là bien longtemps, sans doute parce que ça lui faisait plus de route ou moins d’avantages, mais c’est une bonne nature celui là et on s'est entraidé pendant un an et jamais perdu de vu, il habite le pays d’à coté. C’est lui qui m’a présenté Sylva et je ne le regrette pas. Avec lui, Guido, j’ai appris, une chose, c’est qu’un berger, il ne faut pas le contrarier sur les choses de son troupeau, si le lundi l’herbe est meilleure à droite, c’est pas la peine d’aller à gauche. Si une semaine il faut leur donner a boire tous les jours et qu’après ils peuvent sécher au soleil pendant huit jours c’est qu’ils ont l’habitude comme ça, s’ils peuvent passer un mois libres entre la garrigue et le maquis, le jour où ils ont un coup de fatigue, bon, on les rentre un peu comme ça à la bergerie, il ne faut pas chercher à les comprendre, faut pas lui demander. Et tous les bergers sont pareils.

Ha! Le dernier, lui, je crois qu’il ne partira pas de si tôt. Sylva c’est mon pire ami et mon meilleur ennemi, pensez donc un mec aussi têtu que moi, qui a toujours raison même quand moi aussi j’ai toujours raison.

Petit à petit tout y passe, on s’accroche des heures des jours des semaines entières à une idée, pour la couleur d’une carte, pour le nom d’une fleur, deux ans plein qu’il est là et on ne s’est pas encore mis d’accord sur un détail : Le nord il n'est pas là où il doit être, il ne veut pas que chez moi où c’est moi qui commande le nord soi là où je veux qu’il soit, c’est impensable, je sais bien moi où il est et qui il est. Bon, très bon, ça fait passer le temps.

Et les superbes parties de pétanques le long des chemins, un oeil sur le bouchon et l’oreille tendue vers les sonnailles du troupeau pour éviter les échappées. Des après-midi entières à jouer à la belote, à la Pinelle, un jeu un peu comme le rami mais qui favorise plus les options de jeu que la chance, aux dames italiennes aussi. Des casse-croûte, et des bouffes mémorables, et nuits entières de bringues à n’en plus finir.


 

Ce n’est pas un vrai berger, c’est un chevrier du Capricorne un vrai, avec une petite tète et un grand chapeau, un sac à dos et un joli bâton d’olivier. Pour la tête et le chapeau, ce n’est pas une ironie c’est une histoire privée, je vous raconte pas!

C’est un Sarde, grand, mince, solide.


Il y a déjà des cochons


Des poules


des chiens

Maintenant Fifi est venu le rejoindre, avec ses chevaux, ses lapins, des poules et des canards.


Tous les trois on va leur jouer « Regain 2000 ».

J’en parlerais plus tard.


 

 

Aujourd’hui vendredi 29 septembre il pleut, nous sommes enfin sortis de l’anticyclone de Açores, enfin au bout de cinq mois. J’ai fini de nettoyer la citerne juste à temps et depuis hier soir j’ai déjà deux mille litres d’eau et je ne suis presque pas sortis, sinon pour ramasser un panier d’escargots à la première éclaircie en allant jusqu’à la boîte aux lettres.
Quand je dis il pleut c’est comme ici, comme une grande mousson, tout baigne, surtout la campagne sous des trombes d’eau, cette fois c’est bien parti, pour plusieurs jours je crois, tu parles d’un pays sec, çà arrive deux ou trois fois par siècle des sécheresses comme cet été et tous les dix ans des hivers comme celui que j’attends. Au moyen age et avant il y a eu comme çà des décennies de pluviosité qui faisait de la Provence un véritable marécage. La plaine de La Garde était comme l’étang de Vacares en Camargue, il n’y a pas plus de vingt ans, je l’ai vu, la plaine de la garde sous trois ou quatre mètres d’eau. Ma voiture n’y est restée bloquée qu’un ou deux jours parce que je suis passé juste à temps avec Florence et que je suis tombé en panne à 500 mètres de la maison au Pradet. Six cents personnes évacuées dont deux cents en hélicoptères. Des maisons, des usines, des camions entièrement recouverts d’eau. Parole! Ceux qui se sont accrochés à leur maison promenaient en barque. Depuis ils ont construit un tunnel d’évacuation vers le Pradet. Jusqu’à là la plaine de la garde était le piège à gogo de l’immobilier, des maisons qui passaient d’un proprio à l’autre tous les cinq ou dix ans, inondation, un coup de peinture et je te revends ça vite fait à un étranger ou à un nouveau résident.

En attendant le Regain, aujourd’hui vendredi 29 septembre, Sylva et Alex, se sont fait une belle mise au point, la grande lessive annuelle, à faire trembler les murs, une bonne heure, chacun à vider son sac. Les sacs étaient lourds, la scène de ménage est devenue violente. Non, ils n’en sont pas venus aux mains, mais pas loin, n’importe qui aurait pu le croire, appeler les pompiers, la police, le SAMU et le curé. C’est exactement ce qui se serait passé dans un immeuble.

Ils étaient tranquillement en train de boire l’apéritif, mais le feu couvait depuis un bon mois et là, sous l’orage qui tambourinait, c’est parti comme la foudre. Putain que ça fait du bien de pouvoir se défouler sur quelqu’un qui à du coffre et du répondant. Sylva c’est du solide! Quelle tête de mule, quel bélier! Alex n’a pas froid aux yeux pour un rien, il a du répondant et de la répartie, même de jouer l’avocat du diable çà ne le dérange pas à l’occasion. C’est vrai toujours on l’accuse celui-là. A part de mettre le feu qu’est ce qu’il vous a fait à vous. Ils sont marrants pourtant à la télé les comiques du diable. Y’a pas d’arrangement dans les tiroirs secrets des alcôves? Y’a pas des trucs vicieux dans les coffres forts des banques!

Tout y est passé, la voiture, la tronçonneuse, le contrat de location, le prix des oeufs et des fromages, les services qu’ils se rendent, les risques limites qu’il faut bien prendre au risque de déplaire, les crasses que l’on se fait en douce, le prix du pastis et la valeur de chacun de nos amis, lui c’est mien et l’autre je t’interdis de lui parler, ben voyons, les coupes de bois et le débroussaillage.

Pour sûr, ils ont fait du clair dans leurs idées. Nom de dieu, un truc comme çà s’ils avaient pensé à l’enregistrer, à le vendre à prix d’or. Genre Dallas, JR contre XXL. La joute verbale, verbeuse, verte et cru, le duel entre le Baron du Clos et le Prince des Roubins, avec des bras d’honneur là où l’honneur est mal placé et entre deux mots doux des insultes innommables.

En fait Sylva en avait gros sur la patate pour une histoire de voiture et pour une future affaire de fric et il croyait gagner haut la main sur tous les tableaux sans lâcher de lest et Alex n’entends pas que cela se passe ainsi. La suite au prochain épisode, demain, l’an prochain, quand il faudra. Provisoirement Alex écrit une lettre lourde comme du plomb, de la bonne alchimie pour qu’elle se transforme en lettre d’or.


 

 

Maintenant Alex raconte sa version, Sylva aura un droit de réponse s’il le souhaite.

Moi, Alex, je sais parfaitement que je suis un caractériel, accompagné d’un culte de la personnalité phénoménal mais que j’affiche rarement. Et je sais que Sylva est ainsi et que jamais personne n’a la force de le contrarier. Dés que je l’ai connu je l’ai su et j’ai su aussi qu’un jour il y aurait la guerre, je ne pensais pas qu’elle soit si grave, si longue.

Il m’a plu pour ça, pour son caractère entier comme le mien, prêt à tout donner aussi bien qu’à tout prendre de la vie pour le meilleur et pour le pire, il y a trois mois nous parlions encore de nous packser, en rigolant comme des pantoufles, il est marié, il a un fils, je suis divorcé, j’ai une fille, nous ne sommes pédérastes ni l’un ni l’autre, et des bons vivants impénitents.

Trois jours de guerre violente, à se faire toutes les crasses que l’on s’est promises et toutes celles que l’on a pu inventer en plus et des promesses de s’en faire encore plus. Trois jours a dire à l’autre ses quatre vérités en direct, au téléphone, par personnes interposées. Je t’ai prêté ceci, je le reprends puisque tu m’as prêté cela. Je t’ai promis ceci, puisque tu ne tiens pas ta parole, je me dédis pour cela, et la liste est longue. En deux ans on a le temps d’en faire des souvenirs et des projets. Déjà ça a tenu deux ans et cela tient du miracle, nous n’aurions pas du attendre si longtemps!

Trois jours de silence, lourd comme du plomb, lourd de menaces.

Lui aussi je crois, en écoutant bien les silences entre les roulements de tambours, mais j’ai fait un petit pas prudent par nos amis communs pour tâter le terrain en vu d’un modus vivendi pour une réconciliation future, un replâtrage provisoire et l’on verra s’il faut longtemps pour que la fracture se soude, pour que les cicatrices se referment. Forcement il en restera toujours une trace si minime soit-elle. Une petite lumière orange ou rouge qui clignote, à la base du cerveau et qui dira toujours attention danger, c’est cela l’expérience.

Je ne peux pas reculer et lui non plu, si nous habitions à dix où à cent kilomètres l’un de l’autre il suffirait de couper les ponts un an, dix ans, qu’importe, mais je suis chez moi, et lui à cinquante mètres sur le terrain que je lui ai cédé, il n’y a rien de pire qu’une querelle de voisinage entre deux personnes qui se connaissent trop bien, qui connaissent chaque faille, chaque défaut du terrain, et qui même au-delà de la barrière se croisent tous les jours, sur la route, et qui ont des amis communs, va-t’on former deux clans, deux tribus rivales, non je n’y crois pas, non je ne le veux pas, je compte sur tous les autres pour qu’il n’en soit pas ainsi, j’ai connu cent fois la même caguade.

Mais si Dieu le veut, ainsi soit-il.

Je ne peux pas partir, c’est donc lui qui partira!

 

Nous sommes le dimanche 22 octobre, depuis je lui ai mis la pression, pas maximum, je n’ai pas encore épuisé ma liste d’arguments de choc. Les détails je me souviendrais plus tard.

Hier midi il est venu me régler le loyer à sa façon et en moins de quinze secondes il a encore pété les plombs, c’est toujours plus fort que lui.

Il est 3 heures et demi, du matin bien sùr, et je viens de lui laisser une exigence sur la messagerie de son portable « Hier tu es parti comme un voleur et je n’ai pas eu le temps de te le dire, j’ai besoin du bouc de l’année de suite, tu me le livre aujourd’hui, et que ce ne soit pas un nain comme l’an passé ».

Bonne nuit les petits, je retourne me coucher.


 

 

De La Lumière pour les chèvres.

Au commencement, Dieu créa les Cieux et la Terre.

La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.

Dieu dit « Que la lumière soit » et la lumière fut!

Dieu vit que la lumière était bonne et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres.

Dieu appela la lumière Jour et il appela les ténèbres Nuit. Ainsi il y eut un soir et il y eut un matin : Ce fut le premier jour.

Et le dimanche 10 septembre de l’an de grâce 2000 à 20 heures, la lumière éclata douce et brillante dans la bergerie et le quai de traite du Clos des Roubins. Pour faire plaisir à l’homme, à Alex, pour lui tout seul d’abord.

Je crois que Dieu a oublié d’inventer le bruit, il faudra que je relise la bible pour vérifier. Il a déjà inventé le Verbe, c’est sur, la parole, la rumeur, le bruit de la foule.

Mais le bruit des cloches et le doux ronron de la machine à traire qui démarre et qui tourne comme une horloge?

Et le lundi matin vers dix heures, après le levé du soleil Alex et Sylva entendirent ce qu’ils voulaient, ce qu’ils espéraient depuis longtemps. C’est long tout de même de traire 50 chèvres à la main pendant deux ans ou sept ans à la main.

Quoi que, un peu de temps en temps, moi çà m’a fait du bien, ça m’a guéri et remis en forme ma main gauche qui était un peu patraque sur un muscle noué au milieu de la paume. Sylva, lui, il peut vous serrer la pince sans trembler. Même en faisant semblant il peut sans doute vous écraser la main pour rigoler, de la droite comme de la gauche.

Tiens çà me rappelle maintenant la bergère de Tourris, derrière l’auberge de Baudissère, que j’ai rencontré quelquefois quand j’allais faire de la spéléologie aux Oliviers, un vieux village abandonné prés du Revest. Elle avait des mains comme des battoirs, à assommer un bœuf facile. Gentille mais rude, un caractère de cochon pour ceux qui la regardait de travers parce qu’elle vivait comme une sauvage et qu’elle avait un corps d’homme, et les habits souvent aussi.

Parce qu’elle avait tué un homme aussi, qui devait bien le mériter puisque je n’ai jamais entendu dire qu’elle ait été condamnée. Nous elle nous houspillait durement pour nous obliger à reboucher les gouffres ou les avens que nous visitions. Un jour aussi elle s’est bien moquée de nous, deux heures pour lui ramener un mouton qui s’était écarté du troupeau! Vrai qu’a y réfléchir un peu ces bestiaux connaissaient la route mieux que nous pour rentrer à la bergerie, un grand corps de ferme qui quoique mal entretenu ressemblait comme deux gouttes d’eau à un beau château plus que centenaire.


 

 

Déjà avant eux j’ai fait installer un rucher en haut de la propriété, j’ai débroussaillé un peu pas mal partout, les passages, quelques oliviers qui méritaient encore et qui m’ont rendu plus d’une misère l’an passé, quatre-vingts kilos, beaucoup de noires confites au sel et un peu de vertes à l’ancienne, à la cendre de bois, puis mise en saumure légère pour longue conservation.

Ces oliviers ne donneront pas grand chose cette année, je n’ai pas toujours été là pour savoir, mais depuis soixante-cinq où tout à brûlé de Belgentier à Valaury, après un hiver sans pluie, dix-huit mois de sécheresse, je n’ai pas vu tant de misère dans la végétation. Déjà au printemps les ruches de Marc Raggazzi n’ont rien donné, trop de sec, pas de rosée le matin qu’il fasse froid ou qu’il fasse du vent. Le thym, les romarins ont fleuri, mais sans repousse, si vite. Pas de miel ou si peu qu’il faut le laisser aux abeilles pour qu’elles survivent, pas d’essaimage non plus. Elles sont parties vers les Alpilles pour le plus gros de l’été. Je saurai cet automne le temps qu’il a fait là-haut.

Maintenant les lauriers thyms souffrent tous, les chênes perdent leurs feuilles, les pins perdent leurs aiguilles et leurs branches, tant pis pour ces derniers, je ne les aime pas! Mais tous les autres? La vigne ancienne de Jacquet et les pruniers qui ont poussé tout seul prés de la maison, des prunelles jaunes comme les mirabelles, des plus grosses rouges et juteuses, des panachées au milieu par hasard, je leur jette de l’eau de vaisselle à tour de rôle pour les sauver.

Les lilas un blanc simple de variété ancienne et très parfumée que j’ai toujours vu là et un grand bouquet mauve et double que j’ai ramené d’un jardin du Mourillon il y a dix ans, il faut que je m’en occupe d’urgence pour ne pas les voir crever misère. Les trois amandiers aussi un peu plus loin viennent d’abandonner leurs fruits. Sur le plus beau si j’ai mangé 6 douzaines d’amandes c’est le bout du monde, toutes les autres étaient sèches ou gommées par la résine.

Nous sommes le dix septembre, le soleil se lève plus tard, plus tard que moi, il se couche plus tôt que moi aussi, mais il cogne toujours aussi fort et sans un grain de rosée à l’aube. Je bricole un peu au petit jour, à la fraîche, un peu le soir au coucher du soleil, le reste du temps les murs de la maison et le lierre en façade me protège encore ce qu’il faut de la canicule. Et je fais la sieste, quand je peux quand je veux, mais pas tous les jours.

Nous sommes seulement le douze septembre et il n’a pas plu sérieusement depuis Noël dernier, une averse début mais, et quatre gouttes vers le vingt août. Et plus rien plus rien, la météo nous doit quelque chose comme arriérés, elle nous prend pour des courges, Jean de Florette? Comment on va faire si ça continu? Moi, j’ai plus envie de faire l’âne, il faut trouver un arrangement! Un bon.


 

 

Mais revenons au principal, j’ai débroussaillé aussi les abords de la maison et une partie du Clos. Maintenant c’est plus facile, les chèvres leur donnent leur comptant aux genêts, aux ronces, aux lauriers thyms, aux jeunes pins aussi. Les chevaux qui sont là depuis deux mois ont commencé au bas du domaine à débroussailler le plateau, allez, en deux mois ils ont biens éclaircis la moitié des 5000 m² de leur parc. Ceux là ont été habitués à la prairie libre, ils ne rentrent pas volontiers dans le sous-bois, ils n’ont même pas encore visité le fond du parc, pas une seule trace de sabot, mais chaque semaine, jour après jour, ils gagnent un buisson par-ci, une petite allée par-là. Faut dire que c’est le vrai maquis, la jungle de ronces, de salsepareilles surtout, avec des branches couchées de partout. Un homme n’y entre qu’avec la machette et la cisaille ou à quatre pattes en zigzag. Les chevaux font de bon travail, ils font beaucoup de fumier, étant tout de même nourris au foin et à la luzerne et ils dament bien les passages sans agresser les arbres.
Les chèvres, elles peuvent bien être sages quelques heures quelques jours, et toc, en rien de temps elles vous écorcent un arbre, n’importe lequel, soit pour se faire les cornes, soit pour se faire la dent. Elles mangent ce qu’elles veulent, tiens j’ai un vieux, trente ans peu être, pied de sauge que j’ai ramené de la vallée de Sauvebonne, entre Solliès-Pont et Hyères. Parole, pendant un an et demi il est resté intact et d’un coup voilà quatre chèvres qui se jettent dessus en même temps. Les pauvres elles étaient là pour manger à leur faim, nous on jouait aux cartes en les regardant faire.

Maintenant quand je veux sauver un plant je le coince entre deux grosses pierres, un arbre je l’emmaillote dans un bout de grillage, surtout entre les trente centimètres et le mètre trente, là où elles se font les cornes et où elles attaquent volontiers l’aubier. Ceci dit elles ne font pas tant de mal que les mauvaises langues le disent.

J’en ai cinquante, là, tous les jours autour de la maison et c’est loin d’être un caillou nu comme le Faron. La chèvre n’arrache rien, si elle mange une tulipe, le bulbe forcira pour l’an prochain, si elles taillent un pied de marguerite ou de marjolaine, toi si joli, un mois plus tard il refleurira de plus belle, comme les rosiers que les horticulteurs taillent sévèrement et qui seront de véritables merveilles de bouquets de fleurs soixante jours plus tard. La sauge n’est pas morte, je lui ai un peu plus rafraîchi le bois mort, j’aurais du le faire depuis longtemps et avec la sécheresse elle a moins de feuillage à nourrir et elle repart de plus belle en plein cœur de l’été, avec des feuilles tendres a souhait.

La Fontaine aurait dit à toute chose le malheur est bon et le jour où la le maquis brûlera les pompiers essayeront peut-être de l’arrêter avant chez moi plutôt qu’après. Merci, j’ai déjà vu ça de prés en soixante-cinq, pas deux fois, on s’en passe. Une semaine après et sous la pluie les souches d’oliviers brûlaient encore.


 

 Là, du Gapeau, de la Rouvière, de la Verdanne, jusqu’au Esplanes et à Vallaury et peut être plus loin encore il ne restait que deux taches de verdure, une en descendant vers la Font du Thon, un qui a eu la bonne idée de labourer au bon moment alors que toutes les propriétés étaient à l’abandon et notre Clos. Grâce aux moutons de Pay. Merci encore Pay. Pour des chênes, des dadets, un arbousier, plusieurs fois centenaires.

Le grand pin est tombé, il a mis quatre ans à dépérir, la cinquième année il agitait encore un petit plumeau vert à trente mètres de haut, la sixième année le plumeau était jaune et immobile. L’arbre à mis encore longtemps à tomber, j’étais parti ces années là, la vie et puis voir un désert calciné ça désolerai même un Bédouin ou un Sélénite.

Un tronc énorme, il fallait se mettre à deux pour faire le tour et droit comme un I, Parole, vous pouvez vérifier, le cœur du tronc est encore là, en travers du Clos, trente-six an plus tard et il refuse de pourrir, il est plein de trous, de nœuds, de fourmi noire, les grosses d’Argentines qui donnent des aludes, mais n’y touchez pas, ce serait un crime de lèse-majesté, il est classé monument historique, comme la dauphine éclatée qui dort, qui gît, qui repose prés du puits de Joséphine.

Déjà le puits de Joséphine, celui qui est au bas de la propriété, au Nord, mon père ne savais pas qu’il était chez lui. Pour une propriété isolée de sept hectares après guerre les acheteurs ne se disputaient pas trop. Pourtant Joséphine Gauthier ne voulait pas la vendre au village; elle avait ses raisons, des souvenirs de jeunesse, des griefs de vielle fille à l’écart du village. Elle a vendu à mon père qui était de Toulon, le bout du monde, parce qu’il était le fils de Christine Bonifay, le seule de mes grand-parents que j’ai connu, qui était sa copine d’enfance, juste une dernière fois pour ne pas céder aux demandes qui ne lui plaisait guère.

 Quand elle a vendu, elle avait quatre-vingt-onze ans, cultivait son jardin, allait chercher son bois et le tutti quanti. Elle avait toute sa tête et une bonne santé qui l’a gardée encore quatre ans. A l’époque et après les soucis de la guerre c’était un bel âge.

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